OUI, j’ai mis mes bottes en cuir pour aller en cours
Je n'attends pas d'occasion spéciale pour mettre des beaux vetements.
J’ai décidé de mettre tous mes vêtements cette fois-ci. Je ne cache plus certaines pièces pour des occasions spéciales, je porte tous mes vêtements jolis même lorsque je vais à l’université (et j’ai bien fait).
Ma confiance en a pris un boost. Aussi étrange que cela puisse paraître, ça aide le moral d’être bien dans sa peau. Les vêtements, c’est comme une extension de soi : quand ils te ressemblent, ta confiance augmente.
Analyse Socio: Depuis toujours, on apprend aux femmes à ne pas prendre trop de place. À être jolies mais pas provocantes, à exister sans déranger, à briller juste ce qu’il faut , mais jamais trop fort. Pour les femmes noires, cette injonction est encore plus marquée. On attend d’elles qu’elles soient "fortes", mais sans bruit; élégantes mais jamais de manieres exagerée respectables mais jamais trop visibles. L’hypersexualisation et la stigmatisation raciale font qu’un simple rouge à lèvres vif ou une coiffure expressive deviennent des "déclarations politiques", quand ce ne sont pas des "provocations". Alors, par instinct de survie (ou par héritage), on apprend à se taire. À ne pas faire trop de vagues. À ne pas trop briller. C’est contre cela que je m’habille. Parceque tout est un peu politique, n’est ce pas?
J’ai aussi décidé d’arreter de garder des beaux vetements pour des occasion… simplement parce que généralement ces occasions ne se présente pas ou je porte autre choses. Et j’ai remarqué qu’on le faisait pour plusieurs autres choses également. Je me souviens au Congo et meme ici, ma mere avait des tres jolies verres en cristal qu’elle ne sortait que lorsque nous avions des invités. Une fois, en les sortant, je me souviens lui avoir dit : « Maman, pourquoi tu gardes que les beaux verres pour les invités et pas nous ? » Et depuis, il n’y a plus cette distinction : tout le monde boit du jus dans de beaux verres.
Le "garder pour plus tard", c’est une habitude qu’on apprend tôt. Garder les beaux vêtements pour les grandes occasions. Les assiettes en porcelaine pour les invités. Les mots tendres pour plus tard, dire je t’aime, faire des cadeaux, danser etc. Mais ce plus tard n’arrive jamais…ou alors trop tard. Cette logique vient d’une culture de la rareté où tout doit être mérité, justifié, encadré. Elle nous apprend à vivre à moitié, en attente (de quoi? de qui?).
Mais si on retourne le raisonnement : pourquoi ne pas célébrer l’ordinaire ?! Pourquoi ne pas se traiter soi-même comme une star, chaque jour ? Parce que apres tout, on le mérite. Porter ses beaux habits, utiliser ses verres en cristal, dire "je t’aime" quand le cœur le dit. Envoyer des textos quand en veux. S’acheter des fleures. C’est peut-être ça, le vrai luxe : ne pas attendre.
Je suis une personne très discrète, qui n’aime pas déranger. Timide aussi. Mais je suis aussi quelqu’un de créatif, j’aime m’exprimer — par mes ongles, mes sacs, mon blog, mes peintures, et bien sûr : mes vêtements.
Mes ongles, tantôt inspirés des années 2000, tantôt arrondis, carrés ou en forme lipstick. Je passe du doré aux couleurs printanières, sans règles, sauf celle de m’amuser.
Je mets ce haut que je gardais pour un mariage, cette jupe prévue pour une date. Chaque dessin, chaque forme, chaque couleur me représente. Je m’exprime à travers eux.
Évidemment, j’ai encore peur d’en faire trop. Parfois j’ai peur qu’on me juge, que je sois ridicule.
Mais ridicule selon qui ? Pour qui ?
On est les stars, les muses, l’art et l’artiste de notre propre vie. Le ridicule n’a jamais tué — et franchement, on est trop nombreux, avec trop de problèmes, pour que quelqu’un se souvienne que Sarah est allée en cours en bottes hautes en cuir. 😉
C’es le moment d’explorer vos gouts, style, art, moyen d’expression et de nous faire admirer.

Si mes habits parlent trop fort,
c’est que j’ai trop longtemps été silencieuse.

