'Protéger, servir et rassurer'
"I f*cking hate the virus. But at least it doesn’t pretend it’s here to help. It doesn’t drive around the neighborhood with ‘Protect and Serve’ painted on its side before it kills you."*
Trois personnes sont mortes ce week-end au Québec, et pourtant, personne n’en parle. Pour certains c'est une tragédie comme les autres, plusieurs personnes meurent chaque jour. Mais la différence c'est qu'elles sont mortes lors d’intervention policiere
Une partie de moi est touchée, perdre quelqu'un de chèr n'est jamais facile et une autre partie est choqué, parce que trop de personnes meurent lors d’interventions policières. On ne devrait pas rester impassible face à de telles tragédies, quoi qu' on ne devrait jamais rester impassible face à une mort.
J'ai appris la triste nouvelle sur les réseaux sociaux, aucune chaîne télévisée, ni dans les journaux on e discuté. Pour avoir certaines informations il faut aller les chercher très loin. Mais qui se réveille un beau jour et essaie de savoir combien de personnes sont mortes entre les mains de la police ce weekend? Personne, d'ailleurs rare sont ceux qui savent combien de personnes sont mortes dans les mains de ceux- ci.
Ce qui me choque, c'est le silence autour de ces décès. les commentaires sous les post instagram 'il faut écouter la police!'. Après tout c'est clair, tu es en danger, tu appelles la police. Simple pas vrai? Sauf que non, la police intervient souvent pour sanctionner un comportement plutôt que pour comprendre et résoudre le problème à la source. Quand on refflechit, le probleme est plus complexe qu’il ne parait.
Pourquoi appelons-nous la police, et dans quelles situations la présence de la police est-elle réellement nécessaire ? La police devrait rassurer, mais elle effraie.
'Protéger, servir et rassurer' est la devise de la SPVM. Combien se sentent protégés, servis (de manière juste) ou rassurer en voyant la police. beaucoup, la simple vue d’une voiture de patrouille provoque un malaise. Certains changent de trottoir, d’autres baissent les yeux, non pas parce qu’ils ont commis un crime, mais parce qu’ils savent que la police peut trouver un problème là où il n’y en a pas. Cette méfiance ne sort pas de nulle part : les contrôles arbitraires, les bavures, les violences impunies ont forgé cette peur. Comment se sentir protégé par une institution qui, en un week-end, a causé trois morts ? On appelle la police, qu’il s’agisse d’une personne en crise, un groupe de jeunes traîne dans un parc ou un stationnement, une personne en situation d’itinérance qui dort à terre . Je peux pas nous en vouloir, nos parents nous ont toujours dis en cas de ‘probleme’ tu appel la police. Sauf que aujourd’hui, une personne en crise , une personne en situation d’itinérance qui dort à terre, ni un groupe de jeunes qui sont dans un parc et qui font rien d’illégale n’a pas besoin de la police non plus.
Interventions dans des crises de santé mentale → Pourquoi envoie-t-on des policiers armés plutôt que des travailleurs sociaux ou des professionnels de la santé ?
Présence de sans-abris dans l’espace public → Pourquoi criminaliser plutôt que chercher des solutions sociales ( La criminalisation de comportements qui ne sont pas criminels en soi renforce le cycle de marginalisation.)
Jeunes qui traînent dans un parc → Pourquoi voit-on cela comme une menace au lieu d’une simple occupation de l’espace public ?

1. Origine de la police et contexte de sa création
Je vais plus m’attarder sur la police de Montréal, puisque je suis moi même une fière montréalaise (et j’ai pas envie de faire des recherches sur les polices de toute la planète)
L'histoire de la police à Montréal débute le 27 janvier 1663, lorsque Paul Chomedey de Maisonneuve crée une milice de 120 hommes pour protéger la colonie de Ville-Marie contre les menaces extérieures. En 1818, le Service du guet est instauré, composé de citoyens chargés de patrouiller la nuit pour assurer la sécurité. En 1838, durant les rébellions du Bas-Canada, Lord Durham met en place une force policière salariée pour réprimer les troubles, connue sous le nom de "police de Durham". Le 10 mai 1865, le Département de la police de Montréal est officiellement créé, marquant le début d'une police municipale structurée. Au fil des décennies, le service s'est modernisé, adoptant de nouvelles technologies et élargissant ses effectifs. Aujourd'hui, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) compte plus de 4 500 policiers et policières, ainsi que plus de 1 300 employés civils.
De violence et de peur.
La violence policière au Québec n’est pas un phénomène isolé, mais un problème systémique documenté depuis des décennies. Vous avez surement entendu parlé de tous les marches , organismes pour ne plus financer la police ou autres. Selon plusieurs rapports, un grand nombre de victimes de violences policières sont issues de groupes marginalisés : personnes racisées, en situation de pauvreté ou vivant avec des problèmes de santé mentale. Les chiffres sont rarement mis en avant par les médias traditionnels que d’autres sujet, pourtant c'est une réalité troublante et ces décès devraient nous pousser à se poser des questions sur le système judiciaire, la justice et la police. Parceque apres tout, sommes nous pas une communauté? Nous devrions veiller les un sur les autres.
La vérité est que la population a peur de la police, ne la voit pas comme ses alliés fiable, ne la voit pas comme ceux qui vont les protéger, les servir et les rassurer, encore moins quand il y a plus de 2 morts en un weekend.
2. L’impunité et le système judiciaire
Les accidents arrivent vous allez me dire, effectivement mais lorsque quelqu’un arrete de vivre, malheuresement ce n’est pas des cas a prendre a la legere. Lorsqu’une personne meurt entre les mains de la police, quelles sont les conséquences pour les agents impliqués ? Au Québec, les enquêtes sont menées par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), mais son manque d’indépendance et de transparence est régulièrement dénoncé par certains. Très peu d’enquêtes aboutissent à des accusations criminelles contre les policiers, et encore moins à des condamnations. Cet état d’impunité renforce ce sentiment d’injustice parmi la population, qui voit une police au-dessus des lois. Si la police est censée être au service du public, comment justifier qu’elle échappe systématiquement aux conséquences de ses actes ?
L’impact sur la population et les communautés concernées
Les violences policières ne sont pas seulement des drames individuels, elles ont des répercussions profondes sur les communautés qui en sont victimes. Pour de nombreuses personnes, voir la police n’inspire pas un sentiment de sécurité, mais de peur. Dans certains quartiers, l’omniprésence des contrôles au faciès et des interventions musclées renforce une méfiance envers les forces de l’ordre, ce qui est compréhensible, avec le temps la police a été associée avec raison aux problèmes, division, peur, brutalité.
Les contrôles au faciès : des études montrent que les personnes racisées sont surreprésentées dans les interpellations.
Les interventions violentes : vidéos virales, témoignages, bavures impunies → cela nourrit un climat de peur.
L'absence de confiance en la justice : Quand un policier tue une personne, les conséquences sont souvent minimes, ce qui renforce le sentiment d’impunité.
Cette peur a des effets psychologiques lourds : anxiété, stress post-traumatique, et une crainte permanente d’être une cible, même lorsqu’on ne fait rien de mal. Ca me fait penser a ces videos tiktok des parents qui prank leurs enfants qui n’ecoutent pas et font semblant d’etre en communication avec la police pour les arreter, les enfants ont peur. Cela peut rester une blague ou pas, mais la police est perçue comme une menace plus que comme une aide. Les gens ont peur ou et n’apprecie pas la police avec raison, la communauté doute de la police avec raison et craint le systeme. Et on vivrait mieux s’il y’avait un changement, n’est ce pas?
* « Je déteste ce virus. Mais au moins, il ne prétend pas être là pour aider. Il ne se promène pas dans le quartier avec l'inscription « Protéger et Servir » peinte sur le flanc avant de vous tuer. »*

